ARCHITECTURE :  UN  JOYAU A DAKAR

Le porte-parole des mourides, Serigne Basse Abdou Khadre a effectuée l’une des toutes dernières visites sur le site de la Mosquée « Massalikul Jinaan » (Les chemins du paradis, en langue arabe) à Dakar. Après Diourbel en 1924, Touba en 1963, c’est la capitale sénégalaise qui étrenne cette infrastructure de dernière génération, essentiellement financée grâce à la générosité de la communauté. Trois Khalifes et deux présidents y ont apporté leur écot. Le bijou dresse désormais son minaret de 75 mètres, à quelques encablures de l’Obélisque de l’Indépendance.

Le bijou qui a commencé à sortir de terre en 2014, au pied du quartier Niary Tall, n’a pas encore livré tous ses secrets, qu’il fait rêver les fidèles. Tant le gigantisme et la splendeur recherchés suscitent l’admiration. La Mosquée Massalikul Djinaan en finition, après deux reports de son inauguration, aura mérité toute l’attention qu’y ont porté les Khalifes successifs, petits-fils de Khadimou Rassoul, Serigne Bara Mbacké, Cheikh Sidy Makhtar Mbacké et Serigne Moutakha Mbacké. Ce dernier a la chance de voir ainsi son achèvement pour procéder à l’inauguration. Pour les mourides comme pour tous les musulmans, il est à la hauteur des sacrifices consentis par Serigne Touba qui avait fait de la prière et du travail les piliers de son enseignement. Lui-même avait tracée celle de Diourbel. Le chantier ouvert en 1913 au quartier Keur Gou Mack et le joyau livré en 1924, le fondateur du mouridisme y aurait effectué deux prières de la tabaski et deux Korité, selon Serigne Mbaye Nguirane. A sa disparition en 1927, le guide léguait à ses suivants la mission de poursuivre son œuvre dont le point culminant allait être la construction de la Mosquée de Touba, idée que Khadimou Rassoul avait mûrie dès 1926. Pour la ville sainte, c’est d’abord son fils aîné, Serigne Mouhamadou Moustapha qui, après avoir obtenu de l’administration un bail sur 400 hectares, va y faire débuter les travaux le 4 mars 1932. Chantier permanent (jusqu’à ce jour), la mosquée de Touba fut inaugurée le vendredi 7 juin 1963 par le deuxième khalife, Mouhammadou Falilou M’Backé. Pour une capacité de 7000 fidèles, elle était initialement dotée de 4 minarets de 66 mètres de haut et d’un cinquième de 86,80 mètres surmonté de coupoles. Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké rajoutera deux minarets lui conférant son aspect actuel.

7000 HOMMES ET 3000 FEMMES

Le projet de Dakar vient pourtant combler un grand vide, puisque la capitale économique concentre l’essentiel des affaires et les mourides qui en sont les tenants ne retournent à Touba où vivent leurs familles que lors des grands événements comme le Magal. Pour un coût estimatif de 20 milliards FCFA, l’édicule en finalisation de sa décoration avait été présenté en mars 2014 par jeune Afrique comme l’un des plus imposants de la sous-région. Fait remarquable, après le soutien de l’Etat, les Khalifes ont toujours maintenu leur volonté de voir les talibés financer l’infrastructure religieuse grâce aux dons (mêmes symboliques) qui son venus de partout. Ce qui a permis de construire sur le site de six hectares, la troisième plus grande mosquée des mourides qui culminera à 7 mètres au-dessus de la Grande Mosquée de Dakar, avec ses cinq minarets ceinturant d’immenses voûtes et coupoles. Il aura fallu mobiliser plus de 250 ouvriers autour du Consortium des entreprises du Sénégal (CDE) pour réaliser ce lieu de prière conçu pour accueillir, selon JA, jusqu’à 7000 fidèles en plus de 3000 femmes dans l’espace prévu à cet effet. Quant à l’esplanade extérieure, elle est prévue pour environ 20 000 prieurs. Son minaret principal culminant à 75 mètres du sol, Massalikoul Jinaan ou « les chemin du paradis » en langue arabe, pourra donc accueillir la plus grande partie de la communauté mouride de Dakar lors des grandes prières de la Tabaski et de la Korité,

C’est le vœu de Serigne Basse Abdou Khadre, le porte-parole du Khalife général qui, avait à ses côtés le maître d’œuvre et représentant du Khalife à Dakar, Amadou Mbakiyou Faye, en visite sur le site en début septembre. A cet occasion, ils se sont félicités de l’état d’avancement des travaux de l’édifice de dernière génération, aujourd’hui considéré comme « l’une des plus belles mosquées de la sous-région ». Cette visite rappelle une précédente prière de l’Aid, quand un frère aîné, Serigne Moustapha Abdoul Khadre avait appelé les jeunes fidèles à suivre l’exemple d’Ismaël, promis au sacrifice par son père, le prophète Abraham, père des religions révélées.

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