DILEMME DES GROUPES ARMES EN AFRIQUE

Après avoir survécu aux conflits armés postindépendances avec son corollaire de huit (08) millions de morts, la moitié du continent africain est en train de sombrer à nouveau dans le chaos. De nos jours, plus d’une centaine bandes armées sévissent dans plus d’une vingtaine de pays en Afrique. Ce, malgré l’appui d’une dizaine de forces armées étrangères, ces groupes représentent des menaces réelles pour la stabilité du continent.

La plupart des sanctuaires où se terrent ces groupes armés sont enclavés et frontaliers à un ou plusieurs Etats, ce qui leur permet de disposer de bases de repli. Ces régions enclavées et structurellement désœuvrées, sont paradoxalement très riches en ressources naturelles ou en matières premières, souvent exploitées par des multinationales étrangères, face à une très grande précarité des populations. C’est le cas entre autres de la région des Grands-Lacs, au Kivu en RDC, avec les mines de Cobalt, du Darfour au Sud Soudan avec le pétrole. Parmi la vingtaine de pays victimes de ces groupes armés actifs ou en latence, douze (12) font parti des plus pauvres au monde ; on peut citer le Burundi, la RCA, le Niger, la RDC, l’Ouganda, l’Erythrée, le Burkina, le Mali, la Sierra-Léone, l’Ethiopie, le Rwanda et le Sénégal. Le niveau de précarité et de frustration dans lesquels vivent les populations, en fait des terreaux fertiles pour les terroristes, les populations pouvant, dans une certaine mesure, être de potentiels alliés pour ces groupes. Les risques de déstabilisation et de scission d’un certain nombre de ces Etats menacés ne sont plus à démontrer ; les cas de l’Ethiopie, du Soudan et de la Somalie sont des exemples assez édifiants.

Depuis plus de quarante (40) ans, l’Afrique est confrontée à cet état de fait et malgré la situation de latence dans certains Etats comme l’Ethiopie, le Maroc, le Sénégal, la Sierra Léone ou le Libéria. Depuis quelques années, ces groupes développent une capacité d’action, de mutation et d’adaptation aux tendances idéologiques. En outre, au plan stratégique, ils développent des liens transcontinentaux qui les renforcent en termes de moyens et de visibilité. La plupart de ces Etats sont instables et sont confrontés à des politiques d’austérité qui font que les populations sont livrées à elles-mêmes. Ce qui n’augure guère de lendemains reluisant pour l’installation d’une paix durable sur le continent.

Il est important de rappeler que toutes les régions partant de la zone saharienne, jusqu’à la bande soudano- sahélienne, incluant les Etats de la bande Est-Ouest du continent sont plongées dans ce bourbier. De la Libye au foret équatorial de la RDC, du Mali au Soudan, des menaces terroristes ou de bandes armées organisées, d’obédiences religieuses, ethniques ou régionalistes étendent leurs tentacules. Et malgré la présence, sur ces terrains d’opération, d’une dizaine de puissances militaires étrangères comme les USA, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ainsi que l’appui de sept (7) missions des Nations-Unies, le niveau de menace ne semble guère diminuer. Au contraire, depuis les années 2000, treize (13) camps de réfugiés ont été installés par les Nations Unies sur le continent. Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), l’Afrique subsaharienne comptait 4,41 millions de déplacés en fin 2015.

A l’heure actuelle, le nombre de victimes, les conséquences néfastes engendrées par leurs actions armées ainsi que le total des effectifs de ces groupes armés sont inestimables pour le continent.

C’est compte tenu de la nécessité de disposer de données globales et fiables sur ces groupes que le Bureau de Recherche et d’études Stratégiques- Octagone (BRES-Octagone) a établi un ensemble de recherches sur ces problématiques liées aux conflits armés en Afrique.

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