URBANISATION : DAKAR ET ABIDJAN EN VITRINE

Dakar a abrité les 16 et 17 octobre 2017, le « Sommet immobilier pour l’Afrique francophone » de Francoreal. A dessein de développer des opportunités d’investissement dans cet espace commun, les communications ont été centrées sur Dakar et Abidjan, pays leaders au plan économique caractérisés par une forte dynamique immobilière. Si de gros investisseurs sont en place depuis des années (notamment au Maghreb), des carences sont signalées qu’il faut corriger pour booster la destination ouest-africaine. A l’image de Diamniadio, la politique des villes nouvelles a été jugée opportune dans cette optique.

Les enjeux et le décor dans le secteur immobilier sont plantés dès le départ par Yogo Faly Thiam et Victor Ndiaye, respectivement PDG de Teyliom (la compagnie hôte) et de Performance Group Sénégal. Pour autant, la session d’ouverture a montré que les avantages notables d’une zone intégrée, dotée d’une monnaie stable (le Franc CFA), sont contrebalancés par quelques déficits. Selon Ivan Cornet, le directeur général de Grit Real Estate Income Group basé en Côte d’ivoire, pour attirer davantage les investisseurs, il faut lever le goulot des infrastructures et du financement. Car, bien qu’après la première vague en Afrique du Nord, de nouveaux porteurs de capitaux soient entrés en lice, il est nécessaire de promouvoir la compréhension du marché et d’établir des partenariats avec les entreprises locales. Le panel a bénéficié des éclairages de Cheikh Sanakoua, DG de HC capital Properties (Royaume Uni), Taslim Ngom, le Directeur du Sertem Group (Sénégal) et Marième Travaly (responsable principale des Investissements à la SFI (Ghana). Ceux-ci ont fait ressortir le focus des immobiliers sur la classe moyenne, en même temps que les différences entre les deux secteurs informel et formel.

 

GAPS DE FINANCEMENT ET DE DONNEES

 

Pour autant, les discussions nourries ont révélé que le marché potentiel est énorme dans ces deux pays caractérisés par le solide niveau de croissance du Pib. Pour en conclure, selon Marième Travaly, qu’il faut « créer le marché », après avoir compris qui sont les acteurs présents pour s’en rapprocher. Une vision complétée par Victor Ndiaye partant de l’expérience d’Auchan qui, dit-il, a fait « le pari de la masse et baissé les prix ». Selon lui, « c’est ce qui est attendu du secteur immobilier : adresser les besoins de la grande masse. La comparaison avec les pays anglophones, a permis de noter des législations différentes et moins de transparence. D’autres facteurs limitant sont le manque de développeurs, alors que l’apport des diasporas est considéré comme une opportunité à saisir. Enfin, l’arrivée d’une deuxième vague d’investisseurs coïncide avec les découvertes de gaz et de pétrole, à l’exemple du Sénégal où, vu la stabilité politico-sociale, le secteur s’ouvre comme une nouvelle destination pour les investisseurs des différents segments de l’immobilier (public, d’affaires, hôtellerie, loisirs, etc.) . C’est dans ce sens qu’est intervenu Simon Ardonceau, responsable consultance stratégique de JLL (Afrique du Sud). Le panel qui a suivi avec Elhadji Hamidou Badji, Directeur de la Stratégie de Teyliom Group (Sénégal) et Amadou Thiam, représentant le Directeur général de l’Agence de gestion du Patrimoine bâti (Sénégal), avec comme modérateur Maïmouna Dembélé (Sénégal), s’est adressé à la question cruciale de l’investissement immobilier en Afrique francophone. Car, de manière transversale à toutes les interventions, les participants ont souligné l’impact des carences à corriger, notamment en termes de financement, d’expertise et de données. D’autres sous-thèmes tout aussi importants ont porté sur les logements résidentiels et l’habitat, les commerces, les bureaux et l’hôtellerie.

 

DIAMNIADIO, LA VILLE NOUVELLE SELON TEYLIOM

A la question sur la tendance à la création de nouvelles villes, Simon Ardonseau a répondu que c’était la réponse opportune qui va booster le secteur immobilier. Ce que viendra illustrer la présentation des projets du group Teyliom à Diamniadio. Avec les incitations offertes par le gouvernement pour promouvoir cette nouvelle ville, le Groupe de Yérim Sow a offert aux participants une visite guidée au Power Point présentée par son Directeur Stratégie Elhadj Hamidou Badji qui a fait état d’un investissement atteignant 200 milliards FCFA. Notamment un quartier d’affaires, dénommé « Epycentre », ainsi que les sphère ministérielles dont l’une livrée en mai 2018 en attendant la seconde. Mais également des hôtels 4 et 5 étoiles (sous le label Noom et Seen), des logements moyen et haut standing, ainsi qu’un parc d’attraction, une école de formation et une grande mosquée au titre de la RSE. Des projets innovants, écologiques et inscrits dans le souci permanent d’une connectivité optimale.

Add Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

%d blogueurs aiment cette page :